Voici comment utiliser la crise pour procrastiner !

Voilà un moment que j'avais envie d'écrire à ce sujet. De retour en France depuis deux ans, j'ai pris en pleine face le deuxième effet kiss cool : c'est la crise!



Venue au monde deux ans après le premier choc pétrolier, je ne me suis pas laissée tout de suite
impressionnée. Le port du deuil de certains ont quand même réussi à me convaincre que l'heure était grave, vraiment, vraiment grave. Enfin, beaucoup plus grave qu'elle ne l'avait été jusque là. C'est dire!
C'est vrai que quand je vois la devanture de certains magasins, je comprends leur désolement. C'est la crise quoi. Même si un coup de chiffon pour faire disparaître la poussière et un peu de créativité ne coûteraient finalement rien mais à quoi bon? C'est la crise!
Et bien, je vais vous raconter une petite histoire. Connaissez-vous l'histoire des deux grenouilles qui tombent dans la jatte de crème ?
Elle n'est pas de moi mais de Jorge Bucay,  un psychiatre, psychothérapeute et écrivain argentin. La voici.

L'histoire des deux grenouilles qui tombent dans une jatte de crème*
Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. 
Aussitôt, elles s'aperçurent qu'elles s'enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. 
Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain: elles ne parvenaient qu'à barboter au même endroit en s'enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle. 
L'une d'elles dit tout haut:
"Je n'en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l'intérêt de mourir épuisée par un effort stérile? "
Ayant dit cela, elle cessa de s'agiter et s'enfonça rapidement, littéralement engloutie par l'épais liquide blanc.




L'autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit: " Rien à faire! Pas moyen d'avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu'à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné."
Elle continua à s'agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d'un pouce, pendant des heures et des heures.
Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s'agiter et de patauger, la crème se transforma en beurre.
Surprise, la grenouille fit un bond et, patinant, arriva au bord de la jatte.
De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement. 

Et pour vous ? la crème aurait-elle été un atout pour sortir de la jatte ou vous aurait-elle emporté dans son sillage ? Utilisez-vous la crise comme argument pour procrastiner et vous satisfaire de vos acquis ou vous en saisissez-vous pour devenir plus compétitif ?




Au plaisir de vous lire. Et je m'adresse ici notamment à ceux que je croise et qui ont toujours des remarques pertinentes à me confier. Faites-le ici, le débat pourrait être riche et bénéfique pour tous ;-) 
Au plaisir de vous lire donc.

*Extrait de "Laisse moi te raconter" de Jorge Bucay
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Par Emmanuelle Huss-Jossot

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